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RSE et financement : les critères ESG prennent davantage de place dans l’analyse des banques

Les données ESG peuvent compléter l’analyse d’un dossier de financement

Rentabilité, trésorerie, niveau d’endettement, garanties et capacité de remboursement restent au cœur de l’analyse d’une demande de financement. Selon le secteur d’activité, la nature du projet et l’établissement sollicité, les banques peuvent aussi intégrer à leur analyse des données liées aux risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Depuis le 11 janvier 2026, les orientations de l’Autorité bancaire européenne encadrent la manière dont les établissements concernés doivent identifier, mesurer, gérer et suivre les risques ESG. Elles s’appliquent au plus tard le 11 janvier 2027 aux établissements petits et non complexes. Ces orientations concernent la gestion des risques des établissements financiers.

Pour les entreprises, disposer d’informations ESG fiables permet de mieux documenter leur situation, leur trajectoire et leurs projets lorsqu’elles échangent avec leurs partenaires financiers.

les chiffres qui interpellent 

Les engagements des banques et les besoins des professionnels font évoluer le financement de la transition.

80 %

Des 20 banques européennes étudiées par KPMG ont communiqué des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à leurs financements.
Source : KPMG, « Pulse of Banking 2025 », mai 2025.

+37 %

C’est la progression des encours de crédits verts et durables des six plus grandes banques françaises entre 2023 et 2025.
Source : Fédération bancaire française, mai 2026.

61 %

Des professionnels interrogés souhaitent être mieux informés sur les financements disponibles pour leur transition écologique.
Source : baromètre Caisse d’Épargne, juillet 2026, auprès de 339 artisans, commerçants, professions libérales et assimilées.

Ces chiffres illustrent les engagements climatiques des banques et la progression de leurs encours de crédits qualifiés de verts et durables. Pour les entreprises, l’enjeu est de mieux connaître les solutions disponibles et de documenter les projets susceptibles d’en bénéficier. L’accord et les conditions de crédit restent appréciés au cas par cas.

Quelles informations ESG peuvent utilement compléter un dossier de financement ?

Selon l’activité et le projet financé, plusieurs informations peuvent contribuer à documenter le dossier :

  • Environnement : consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, objectifs de réduction, investissements d’efficacité énergétique, exposition aux risques climatiques, gestion des déchets et des ressources.
  • Social : emploi, absentéisme, accidents du travail, formation et conditions de travail.
  • Gouvernance : organisation des responsabilités, gestion des risques et suivi des engagements.

 

L’objectif : sélectionner des indicateurs pertinents pour l’activité et le financement envisagé, fiables et suivis dans le temps.

Pourquoi faire appel à son expert-comptable ?

L’expert-comptable peut faire le lien entre données financières, stratégie de l’entreprise et informations de durabilité. Selon l’étendue de la mission confiée et les compétences mobilisées, il peut notamment :

1. Identifier les informations pertinentes
Faire le point sur les données ESG déjà disponibles dans l’entreprise et déterminer celles qui méritent d’être suivies.

2. Construire des indicateurs mesurables
Mettre en place un tableau de bord adapté à l’activité : énergie, carbone, investissements, emploi, risques, objectifs et résultats.

3. Structurer les informations de durabilité
Accompagner l’entreprise dans la mise en place d’un reporting volontaire, par exemple à partir de la norme européenne VS (ex-VSME), afin de répondre plus facilement aux demandes d’informations de ses banques, clients ou partenaires. Il peut également l’accompagner dans ses travaux liés au bilan carbone.

4. Traduire les projets RSE en données financières
Mesurer le coût d’un investissement, les économies attendues, son impact sur la trésorerie et son retour sur investissement afin de l’intégrer au prévisionnel.

5. Préparer le dossier de financement
Présenter de manière cohérente les comptes, le prévisionnel, la capacité de remboursement, le projet financé et les engagements associés.

6. Contribuer à identifier des financements adaptés
Repérer les dispositifs susceptibles de correspondre au projet, notamment les prêts à impact ou les financements destinés à la transition, et préparer les éléments nécessaires à leur étude par le financeur.

7. Fiabiliser et suivre les engagements
Aider à fiabiliser les données retenues, à organiser leur suivi et à préparer les éléments justificatifs attendus par le financeur.

 

Citation

« Face aux multiples défis, deux signaux structurants sont encourageants : la poursuite des investissements de transition, dont les effets deviennent visibles […] »
— Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, à propos des résultats du 16e baromètre annuel des ETI.

Source : communiqué Bpifrance Le Lab, 23 juin 2026.

Conclusion

Les fondamentaux financiers restent déterminants dans une demande de crédit. Les informations ESG peuvent compléter l’appréciation des risques et de la solidité du projet, notamment lorsqu’il concerne l’énergie, la décarbonation ou l’adaptation au changement climatique.
Pour le dirigeant, l’enjeu est de présenter des informations adaptées à son activité : quelques données fiables, des objectifs réalistes, les investissements envisagés et leurs effets économiques attendus.

Cette démarche peut permettre de mieux documenter un projet de financement, de valoriser les actions déjà engagées et de dialoguer plus efficacement avec les partenaires financiers. L’expert-comptable peut contribuer à relier ces éléments au prévisionnel, à la trésorerie et à la capacité de remboursement de l’entreprise.

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